6 fautes de français courantes en entreprise

Dans un mail, en réunion, voire lors d’une prise de parole officielle… Certaines fautes de français, ou tournures incorrectes pour être plus précise, sont apparues ou perdurent dans le jargon d’entreprise. Nombreux sont les professionnels qui les emploient sans même savoir qu’il s’agit d’incorrections ! Tour d’horizon des fautes les plus répandues, explications et alternatives de la part d’une puriste.

  1. « Faire un retour »

Pas une journée sans l’entendre ou la lire, celle-ci ! Bien qu’il ne s’agisse pas d’une réelle faute de français, cette formulation est bel et bien incorrecte. Pourquoi ? Parce que la notion de « retour » implique un mouvement physique, une action directe et tangible. Plutôt que de l’utiliser, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, préférez-lui le véritable terme qui se cache derrière : « répondre », « réponse », « rappeler » ou encore « recontacter », en fonction du contexte.

2. « Revenir vers vous »

La (fausse) sœur jumelle de la précédente tournure. Dans ce cas, le verbe « revenir » implique également l’idée d’un mouvement ou d’une action. D’ailleurs, s’il s’agit d’un collègue parti en réunion et qui rejoint ensuite son équipe dans l’open-space en s’exclamant : « Je reviens vers vous », l’utilisation serait tout-à-fait appropriée ! S’il s’agit d’une réponse à un mail ou d’un rappel téléphonique, les termes suggérés dans le premier paragraphe sont les plus cohérents.

3. « Impacter »

Pourtant présent dans le dictionnaire Larousse et Robert qui n’ont eu d’autre choix que de s’adapter, ce terme n’en demeure pas moins un anglicisme. Là encore, il ne s’agit donc pas d’une faute au sens propre du terme, mais bien d’une tournure incorrecte malgré tout. L’Académie Française déclare à son sujet :

C’est à tort qu’on a, en s’inspirant de l’anglais, créé la forme verbale Impacter pour dire « avoir des conséquences, des effets, de l’influence sur quelque chose ».

À sa place, préférez employer « affecter », « toucher », « avoir des conséquences », « influencer »…

4. « Disrupter »

Même principe que ci-dessus, bien que l’emploi de cette forme soit plus récent. Et pour cause, puisque nous la devons aux startups. Loin de moi l’idée d’accuser les jeunes pousses d’avoir une mauvaise influence sur la langue de Molière. Je crois que leur attrait pour la rapidité (de croissance, d’action…) associé à l’usage courant et nécessaire de l’anglais pour leur business, a encouragé l’apparition de cet anglicisme un peu partout, en particulier dans la sphère économique. Différence notable avec notre 3e point : « disrupter » ne provient d’aucun mot français (tandis que le terme d’impact existe bel et bien chez nous) ; c’est donc un pur anglicisme.

Bien que ce terme soit dans l’air du temps, préférez-lui des mots tels que « transformer » ou « innover ».

5. « Ceci dit »

Formulation très répandue aussi, mais à tort, au lieu de la convenable et oubliée « cela dit ». Pour l’expliquer le mieux possible, je citerai à nouveau l’Académie Française, en laquelle nous pouvons naturellement avoir confiance :

Le pronom ceci renvoie au dernier élément d’une série énoncée précédemment ou à ce qui suit ; cela renvoie au premier élément, au plus éloigné ou à ce qui précède.

Autrement dit, « ceci dit » est incorrect car employé au mauvais endroit de l’énoncé, puisqu’il est généralement prononcé pour rebondir sur le premier élément évoqué. À définitivement bannir de son vocabulaire, au profit de « cela dit » !

6. « Voire même »

Nous finissons cet article en beauté – si je puis dire – avec une faute de français avérée. Trop nombreux sont pourtant les professionnels qui la commettent encore… Je me devais donc d’effectuer ce rappel. « Voire même » n’est autre qu’un pléonasme ; autrement dit, les deux mots qui le composent ont le même sens ou une signification quasiment similaire. Employer cette tournure revient donc à dire ou écrire deux fois la même chose ; un peu comme si l’on trouvait dans un article : « le vaccin est particulièrement recommandé aux personnes âgées en raison d’à cause de leur fragilité ». Vous avez dit bizarre ?

Oubliez donc l’utilisation de ces deux termes en même temps et choisissez : soit « voire », soit « même » !

Pas toujours facile pour les professionnels plongés dans le feu de l’action de s’apercevoir qu’ils commettent ces fautes dans leur communication de tous les jours. Pourtant, il s’agit de petits détails qui permettent véritablement de se démarquer et d’accroître positivement sa réputation : quoi de plus agréable que de parcourir des supports parfaitement rédigés ?

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